Pendant qu'on débat d'un conflit à 9 000 kilomètres, une communauté montréalaise — 2,1 % de la population du Grand Montréal — encaisse environ le quart des crimes haineux déclarés de la ville. Voici ce qui se passe ici. Chez nous.
While we debate a conflict 9,000 kilometres away, one Montréal community — 2.1% of Greater Montréal's population — absorbs about a quarter of the city's reported hate crimes. Here is what is happening here. At home.
La communauté juive représente environ 90 250 personnes sur quelque 4,3 millions d'habitants — 2,1 % de la population du Grand Montréal. Une communauté présente ici depuis près de 300 ans.The Jewish community numbers about 90,250 people out of some 4.3 million — 2.1% of Greater Montréal's population. A community that has been here for nearly 300 years.
Du 7 octobre 2023 au 30 septembre 2025, le SPVM a recensé 390 crimes et incidents haineux visant les communautés juive et arabo-musulmane : 296 visant la communauté juive, 96 visant les communautés arabo-musulmanes. Les deux sont trop. Un seul groupe en porte le triple.From October 7, 2023 to September 30, 2025, the SPVM recorded 390 hate crimes and incidents against the Jewish and Arab-Muslim communities: 296 against the Jewish community, 96 against Arab-Muslim communities. Both are too many. One group carries triple the burden.
La communauté juive représente 2,1 % de la population et environ 25 % de tous les crimes haineux déclarés à Montréal en 2024 : une communauté visée environ douze fois plus souvent que son poids démographique.The Jewish community is 2.1% of the population and roughly 25% of all hate crimes reported in Montréal in 2024: a community targeted about twelve times more often than its share of the population.
Crimes haineux déclarés au SPVM, toutes communautés confondues. Source : rapports annuels du SPVM présentés à la Commission de la sécurité publique (2023, 2024, 2025). Les incidents haineux — des actes non criminels, mais qui minent le sentiment de sécurité — suivent la même courbe : 72 en 2022, 171 en 2023 (+138 %), 202 en 2024. En 2024, 32,5 % des crimes haineux déclarés visaient la religion et 47,7 % l'origine ethnique, nationale ou la couleur de peau. La part visant la communauté juive, selon les chiffres du SPVM rapportés par les médias : 48 crimes et incidents dans les trois seules premières semaines après le 7 octobre 2023 ; 212 dans la première année — contre 92 l'année précédente ; 296 au 30 septembre 2025. À l'échelle du pays, Statistique Canada recense 920 crimes haineux visant les Juifs en 2024 — la communauté religieuse la plus ciblée au Canada. Et ces chiffres ne comptent que ce qui est déclaré : la plupart des incidents haineux ne sont jamais rapportés à la police. Les cris dans la rue, le harcèlement quotidien, l'intimidation aux abords des écoles — presque rien de tout cela n'entre dans une statistique.Hate crimes reported to the SPVM, all communities combined. Source: SPVM annual reports presented to the Commission de la sécurité publique (2023, 2024, 2025). Hate incidents — acts that aren't criminal but erode people's sense of safety — follow the same curve: 72 in 2022, 171 in 2023 (+138%), 202 in 2024. In 2024, 32.5% of reported hate crimes targeted religion and 47.7% targeted ethnic or national origin or skin colour. The share targeting the Jewish community, per SPVM figures reported in the media: 48 crimes and incidents in the first three weeks alone after October 7, 2023; 212 in the first year — versus 92 the year before; 296 by September 30, 2025. Nationally, Statistics Canada records 920 hate crimes targeting Jews in 2024 — the most targeted religious community in Canada. And these numbers only count what gets reported: most hate incidents never reach the police. The screaming in the street, the daily harassment, the intimidation outside schools — almost none of it ever becomes a statistic.
« …ces communautés font elles-mêmes face à une montée inquiétante de l'antisémitisme… »— Le texte de la motion de Projet Montréal, à propos des communautés juives de Montréal
"…these communities themselves are facing a worrying rise in anti-Semitism…"— Projet Montréal's own motion text, about Montréal's Jewish communities
La motion de Projet Montréal reconnaît, noir sur blanc, que la communauté juive de Montréal subit une montée inquiétante de l'antisémitisme — puis demande à la Ville d'inscrire « génocide » et « apartheid » au registre officiel et de suspendre les liens institutionnels de la Ville avec le gouvernement d'Israël, ses institutions et ses municipalités. On ne peut pas marquer officiellement une communauté du pire mot qui existe et lui promettre, dans le même paragraphe, que ça ne la concerne pas. Chaque donnée sur cette page dit le contraire : le climat se traduit en incendies, en coups de feu et en contrats de 15 000 $ — ici, à Montréal. Un verdict officiel de l'hôtel de ville ne calmera pas ce feu. Il lui donnera une permission. Et ce n'est même pas le travail du conseil : nous élisons un conseil municipal pour le logement, les rues et la sécurité — pas pour rendre des verdicts qu'aucun tribunal international n'a rendus. Une motion qui ne peut rien changer là-bas, et qui ne peut qu'attiser ici — demandez-vous à quoi elle sert.
Projet Montréal's motion acknowledges, in black and white, that Montréal's Jewish community faces a worrying rise in antisemitism — then asks the City to enter "genocide" and "apartheid" into the official record and to suspend the City's institutional ties with the Government of Israel, its institutions and its municipalities. You cannot officially brand a community with the worst word in the language and promise it, in the same paragraph, that this has nothing to do with them. Every number on this page says otherwise: the climate is already translating into fires, gunshots and $15,000 contracts — here, in Montréal. An official verdict from City Hall will not calm that fire. It will hand it a permission slip. And it is not even council's job: we elect a city council for housing, streets and safety — not to issue verdicts no international court has issued. A motion that can change nothing over there, and can only inflame things here — ask yourself what it is for.
Des faits, avec leurs dates. Aucun qualificatif. Lisez-les dans l'ordre.
Facts, with their dates. No adjectives. Read them in order.
Selon la Fédération CJA, l'agression commence par des insultes antisémites avant de devenir physique. Le SPVM arrête rapidement un suspect. Le bureau québécois du CIJA parle d'une gravité indéniable et demande des poursuites. Outremont a déjà été le théâtre d'une série d'agressions contre des hommes hassidiques le 3 juillet, traitée par l'unité des crimes haineux du SPVM.
According to Federation CJA, the assault began with antisemitic slurs before turning physical. The SPVM quickly arrested a suspect. CIJA's Quebec office called the gravity of the assault undeniable and called for prosecution. Outremont was already the site of a spree of assaults on Hasidic men on July 3, handled by the SPVM hate crimes unit.
Pendant le match CF Montréal contre le New England Revolution, des partisans montréalais scandent « Free Palestine » à l'endroit de l'attaquant israélien Dor Turgeman, 22 ans. Les micros de diffusion captent ces chants ; Turgeman et plusieurs spectateurs rapportent aussi avoir entendu « Mort à Israël ». Après son but à la 36e minute, le joueur se tourne vers la section des partisans locaux, la main portée à l'oreille. Une personne au moins lance un objet sur le terrain. Le gardien du CF Montréal, Sebastian Breza, se rue sur lui et reçoit un carton jaune. Le lendemain, le club publie un communiqué sur des « propos discriminatoires » tenus par des partisans, sans nommer le joueur ni l'antisémitisme. Le Revolution, lui, condamne des « propos antisémites et discriminatoires », et la MLS ouvre une enquête en employant les mêmes mots.
During the CF Montréal versus New England Revolution match, Montréal supporters chanted "Free Palestine" at 22-year-old Israeli striker Dor Turgeman. Broadcast microphones captured those chants; Turgeman and several spectators also reported hearing "Death to Israel." After he scored in the 36th minute he turned toward the home supporters' section with a hand cupped to his ear. At least one person threw an object onto the pitch. CF Montréal goalkeeper Sebastian Breza charged at him and was given a yellow card. The next day the club issued a statement about "discriminatory comments" by fans, without naming the player or antisemitism. The Revolution condemned "antisemitic and discriminatory" abuse, and MLS opened an investigation using the same words.
Vers 3 h, un incendie à deux alarmes détruit le restaurant casher Nöam, boulevard Décarie, entre l'avenue Plamondon et la rue Vézina. Le SPVM transfère le dossier à sa section des incendies criminels après qu'une personne a été vue quittant les lieux. Une vidéo de surveillance obtenue par CBC montre un homme allumer le feu puis s'enfuir. Le SPVM indique qu'aucun mobile n'est établi et que le dossier n'est pas traité comme un crime haineux à ce stade.
At around 3 a.m., a two-alarm fire destroyed the kosher restaurant Nöam on Décarie Boulevard, between Plamondon Avenue and Vézina Street. The SPVM transferred the file to its arson squad after a person was seen leaving the premises. Surveillance video obtained by CBC shows a man setting the fire and running away. The SPVM says no motive has been established and that the file is not being treated as a hate crime at this stage.
Deux succursales de Kiva's Bagel Bar, une chaîne appartenant à des Juifs, sont attaquées durant la nuit. Une vitrine est atteinte par un coup de feu à l'angle de Yonge et St. Clair ; une seconde vitrine est fracassée près de Bathurst et Steeles. Le Service de police de Toronto confie le dossier à son unité des crimes haineux et à son escouade intégrée des armes à feu et des gangs, et parle d'actes présumés motivés par la haine. Le tout, le jour même.
Two locations of Kiva's Bagel Bar, a Jewish-owned chain, were attacked overnight. A window was struck by gunfire at Yonge and St. Clair; a second window was smashed near Bathurst and Steeles. The Toronto Police Service assigned the file to its Hate Crime Unit and its Integrated Gun and Gang Task Force, and described the incidents as suspected hate-motivated offences. All of it on the same day.
La motion demande au conseil municipal de déclarer un État étranger coupable de « génocide » et d'« apartheid ». Le vote est fixé au 24 août 2026.
The motion asks city council to declare a foreign state guilty of "genocide" and "apartheid." The vote is set for August 24, 2026.
Trois incidents à Montréal en trente-six heures. Le 24 août, le conseil municipal se prononcera sur une motion qui ne peut rien changer là-bas — et qui ne peut qu'empirer les choses ici.
Three incidents in Montréal in thirty-six hours. On August 24, city council votes on a motion that can change nothing over there — and can only make things worse here.
En décembre 2024, la synagogue Beth Tikvah, à Dollard-des-Ormeaux, est incendiée — pour la deuxième fois depuis le 7 octobre 2023 — et les bureaux voisins de la Fédération CJA sont attaqués. En juin 2026, un jeune homme de 20 ans plaide coupable. Devant le tribunal, il témoigne : des inconnus l'ont recruté dans une fête et lui ont offert un contrat de 15 000 $ — une « mission » : incendier deux bâtiments et un véhicule, avec chauffeur et matériel fournis.
In December 2024, the Beth Tikvah synagogue in Dollard-des-Ormeaux was firebombed — for the second time since October 7, 2023 — and the neighbouring Federation CJA offices were attacked. In June 2026, a 20-year-old pleaded guilty. In court, he testified: strangers recruited him at a party and offered him a $15,000 contract — a "mission": burn two buildings and a vehicle, with a driver and materials supplied.
Contre des personnes. Contre des écoles et des synagogues. Voici quelques-unes seulement des attaques survenues depuis le 7 octobre 2023 — ici, à Montréal.
Against individuals. Against schools and synagogues. These are just some of the attacks since October 7, 2023 — here, in Montréal.
Des écoles juives de Montréal sont la cible de tirs d'armes à feu — des écoles primaires, visées à répétition, la nuit.
Montréal Jewish schools were targeted by gunfire — elementary schools, hit repeatedly, at night.
Dans un parc de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, un père hassidique de 32 ans est roué de coups au sol pendant que ses trois jeunes filles s'accrochent à lui en criant. Sa kippa est jetée dans les jeux d'eau. Le premier ministre du Canada et le premier ministre du Québec condamnent l'attaque ; un suspect est accusé.
In a Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension park, a 32-year-old Hasidic father was beaten on the ground while his three young daughters clung to him, screaming. His kippah was thrown into the splash pad. The Prime Minister of Canada and the Premier of Quebec condemned the attack; a suspect was charged.
Un vendredi soir, au retour des offices du chabbat, huit hommes hassidiques sont pourchassés dans les rues d'Outremont — insultés, des objets lancés, et leurs shtreimels — les chapeaux de fourrure traditionnels, qui ne valent rien pour personne d'autre — arrachés de leurs têtes. Tout est capté sur vidéo. L'unité des crimes haineux du SPVM arrête deux suspects.
On a Friday night, walking home from Shabbat services, eight Hasidic men were chased through the streets of Outremont — insulted, objects thrown at them, and their shtreimels — traditional fur hats, worthless to anyone else — snatched from their heads. All of it caught on video. The SPVM hate crimes unit arrested two suspects.
Des enseignants, des soignants et des professionnels juifs rapportent du harcèlement en milieu de travail ; des employés cachent leur étoile de David ou leur kippa ; des familles se font crier dessus dans la rue — y compris en marchant pour les otages. La pression sur la vie juive visible est quotidienne, et presque jamais comptabilisée.
Jewish teachers, healthcare workers and professionals report workplace harassment; employees hide their Star of David or kippah; families are screamed at in the street — including while marching for the hostages. The pressure on visible Jewish life is daily, and almost never counted.
Montréal, c'est chez nous tous. Aucune communauté ne devrait être une cible dans sa propre ville — et l'hôtel de ville ne devrait jamais empirer les choses.
Montréal belongs to all of us. No community should be a target in its own city — and City Hall should never make things worse.